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jeudi 12 mars 2009

Adéquation

Adéquation - Quand les résultats d’une entreprise sont mauvais, on dit qu’ils sont en adéquation avec le marché. Quand ils sont bons, personne ne sait pourquoi mais les analystes sont payés pour l’expliquer. Ce qui n’est jamais adéquat, en revanche, c’est le salaire qu’on vous propose pour le travail que vous fournissez. En politique, le bilan de l’action du gouvernement est toujours adéquat, c’est-à-dire conforme à des prévisions que tout le monde a oubliées. autres mots

Idée

Idée - Rare dans l’entreprise. Concept dangereux à manipuler. Ne jamais avoir des idées devant son PDG, il pourrait prendre cela comme une tentative de déstabilisation. Dans le business, difficile à conserver. Vous avez une idée : hop, votre voisin vous attaque immédiatement en référé, en vous reprochant de la lui avoir piquée. Il faudra prouver au juge que vous avez eu l’idée le premier. Donc, dès que vous avez une idée, écrivez-la noir sur blanc, datez-la et couchez-la par testament chez le notaire. De toute façon, ça ne servira pas à grand-chose, car Microsoft vous la subtilisera dès qu’il aura racheté votre notaire. Voir Innovation et aussi Piratage. « Rien n’est plus dangereux qu’une idée, quand on n’a qu’une idée. » (Alain) ...autres mots...

Pashmina

Pashmina - Tissu en poil de cul de chèvre du Népal qui ressemble à du cachemire mais beaucoup plus cher et plus léger. Par extension, une stratégie d’entreprise pashmina consiste à vendre très cher un produit facile à fabriquer. Une stratégie que les éditeurs de logiciels et les prestataires de services connaissent bien. ...autres mots...

samedi 24 mai 2008

Actionnaire

Actionnaire - En langage juridique une personne morale, c'est une organisation, une entreprise. Comme si une entreprise se préoccupait de la moralité!
Car le gros actionnaire est par définition une personne morale amorale, affectée d'un trouble oculaire spécifique: dans des comptes financiers, elle ne peut lire que la ligne du bas, celle du résultat ; cette ligne s'appelle en anglais bottom line, littéralement la ligne du derrière ; expression qu'on aurait envie de traduire - mais ce ne serait pas correct - par: " Des profits ? mon cul ! ".
Parce que les bénéfices, dès qu'on vend l'entreprise, ils ne sont plus pour vous, mais pour le propriétaire. Le collaborateur, lui, ne peut que pleurer ses stocks-options qui ne valent plus un radis, depuis que la bourse en a décidé ainsi.
Le nouveau slogan des fusions-acquisitions-restructurations (fusacs en abrégé), c'est : " Tout pour un (l'actionnaire) ; rien pour tous (les salariés) ".
Le vrai actionnaire, celui qui dirige les fusacs du monde entier à partir des fonds de pension anglo-saxons, n'est donc pas une personne physique, c'est une entité abstraite dont la seule représentation connue à ce jour semble être une machine à calculer qui ne compte que dans un sens : celui du plus. Quand il vend, c'est forcément au plus offrant, à qui il vante la qualité de ses personnels et de son encadrement.
Voici donc le nouvel axiome de l'économie financière : plus les cadres et les managers sont mis en avant, plus le chèque risque d'être gros… mais pas pour eux.
Ainsi, quand ils ont changé de propriétaire sans avoir pu donner leur avis ni toucher un kopek, les cadres et ces employés s'adonnent avec persévérance aux 35 heures. ...autres mots...

AAA

AAA - La règle 3 A (Actionnaire-Actionnaire-Actionnaire) dirige désormais la stratégie des entreprises cotées en bourse qui, d'ailleurs, ne l'ont plus tellement, la cote, vu le yoyo des indices boursiers.
Elle a remplacé la règle A2C (Actionnaire-Client-Collaborateur) qui sévissait dans les années préhistoriques, celles qui ont précédé l'e-krack, où chacun trouvait sa place dans une ambiance travailleuse, harmonieuse et détendue (bon, d'accord, c'était pas aussi idyllique !...).
Il paraît qu'à l'époque, les dirigeants d'entreprises décidaient vraiment entre eux de leur stratégie, en se préoccupant d'abord des intérêts de l'entreprise et en essayant de faire adhérer leurs collaborateurs à ces projets. Incroyable, non !
Désormais, c'est beaucoup plus simple, l'actionnaire est l'objectif unique à satisfaire et ce but sera atteint grâce à un outil (le client) et une ressource (le collaborateur).
Allez-y, prononcez-le : AAA ! Cela sonne comme le soupir de la mort d'un mythe : celui de l'entreprise, corps social créé par des hommes pour des hommes.
On aurait dû se méfier quand ils ont remplacé la " gestion du personnel ", par la " direction des ressources humaines "....autres mots...